•  

     

                   

     

                                                                                                      

     

                                                                                                            

                                

                                                                    MÉMOIRE  OLFACTIVE   

     

                                      

                                            

    Une écharpe de narcisses dans la brise, une bouffée de vieux papiers saisie au vol, et un pan du passé ressurgit. Il n'y a pas de parfum sans mémoire. A la perception d'une fragrance inconnue, le cerveau enrégistre l'impression suscitée et la met en réserve; confronté à nouveau à cette odeur, il retrouve aussitôt la trace de la première olfaction. Fusse cinquante ans plus tard ce qui est inscrit est gravé à vie. C'est la rapidité de transmission des informations olfactives qui fait de l'odorat un sens efficace. Situés l'un près de l'autre, les centres nerveux de l'odorat et de la mémoire sont donc en symbiose lorsqu'un effluve jaillit. Ce n'est pas l'odeur qui nous boulverse, mais plutôt ce qu'elle réveille, le contexte dans lequel elle s'est déjà inscrite :

    Exemple :   l'amante disparue

                      la maison d'enfance

    Nous pouvons sentir 3-4 odeurs dans un parfum.

    Le parfumeur pourra en sentir 30-40.

     

     

                                                           OFFRIR UN PARFUM, C'EST OFFRIR DE LA

                                                                              MÉMOIRE LIQUIDE.

                                                                               

                                                                                                                             
                          

                                                                                            CETTE ODEUR ME RAPPELLE.


    Il y a des odeurs qui restent en tête.
    Non seulement elles sont ancrées en nous, mais les images qui les accompagnent aussi. Qu'on le veuille ou non, le cerveau fait l'association image-odeur grâce à ce qu'on appelle : la mémoire olfactive.

    La mémoire olfactive
    ou comment le cerveau se prend pour un nez

    La mémoire olfactive est la faculté par laquelle le cerveau conserve le souvenir des odeurs.
    Le nez engrange en permanence des images olfactives qui nous marquent d'avantage que les mots, les couleurs, les sons. C'est pour cette raison que les odeurs font, généralement, partie des souvenirs les mieux retenus.

    Odeurs, souvenirs et émotions

    Qui n'a jamais remarqué que les souvenirs éveillés par les odeurs étaient essentiellement affectifs ?
    Un parfum, ça rappelle quelqu'un, un parent, une amie, un amoureux et les sentiments qu'on leur porte ou qu'on a pu leur porter.
    Une odeur plus naturelle peut être liée à un événement particulier dans le temps, une rentrée des classes, des vacances d'été, un voyage.
    Quoi qu'il en soit l'association odeur/souvenir crée une certaine émotion voir parfois de la mélancolie.
    Mais il arrive que l'on reconnaisse certaines odeurs et que l'on soit incapable de les associer à quoi que ce soit, c'est un sentiment très frustrant mais en général, le souvenir est très précis et les émotions très fortes.
    Cela peut être agréable à vivre ou bien le contraire, mais c'est quelque chose de très personnel et de très subjectif même si certaines odeurs et certains souvenirs sont entrés dans la pensée collective.

    Une odeur de madeleine

    Un auteur c'est penché sur cette idée de mémoire olfactive, Marcel Proust.
    En effet, celui-ci a remarquablement évoqué le parfum des petites madeleines trempées dans le thé, analysé les souvenirs qui s'y rattachaient et repéré les mécanismes de la mémoire olfactive.
    « Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray ma tante Léonie m'offrait . La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelée avant que je n'y eusse goûté. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à porter sans fléchir l'édifice immense du souvenir. »

    La preuve par l'odeur.

    Afin de mieux comprendre ce qui a été dit, nous allons procéder à un jeu d'association d'odeurs et d'images.
    L'odeur d'un barbecue rappelle invariablement l'été et les longues soirées de détente alors que l'odeur de l'herbe fraîchement coupé fait apparaître des images de printemps, de couleurs acidulés, et de parcs sous le soleil.
    L'odeur des livres neufs rappelle les rentrées scolaires, les premiers jours de l'automne, les salles de classe et les préaux bruyants.
    Moins agréable, l'odeur de l'alcool à friction est associée au milieu médical, aux visites chez le médecin, aux rendez-vous chez le dentiste.
    Et on peut continuer ainsi pour bien d'autres odeurs, l'odeur de la lessive, l'odeur de la mer, l'odeur de la forêt.
    Il est tout a fait possible que tout le monde ne se retrouve pas dans ces associations d'odeurs et d'images, mais il faut reconnaître que pour la plupart cela fonctionne très bien.
    Vous pouvez le vérifier vous-même en listant les odeurs et ce à quoi vous les associées, mais l'odeur la plus marquante de toutes reste
    l'odeur de la mère et son parfum. Fragrance émouvante pleine de souvenirs.

     

               

     





     

                       La dame à la licorne

                 

     

                                                         

                         





    Je veux partager avec vous l'étude de cette tapisserie de la Dame à la Licorne. Tout d'abord , il y a 6 tapisseries,cinq pour les cinq sens et une "à mon seul désir".



                 

                                                                                                             MUSÉE  DE  CLUNY  PARIS

                                                                                                       

    La tapisserie symbolisant le goût représente la Dame portant son regard sur la perruche qu'elle tient de la main gauche. Elle prend une friandise dans le drageoir que lui tend sa servante. Le singe à ses pieds souligne la signification de la scène en mangeant une baie ou une dragée, face à un petit chien qui suit du regard les gestes de sa maîtresse.

    La tapisserie symbolisant l'ouïe représente la Dame jouant d'un orgue portatif posé sur une table recouverte d'un tapis turc. Le lion et la licorne, qui l'entourent, apparaissent comme motifs décoratifs sur les montants de l'orgue.

    La tapisserie symbolisant la vue représente la Dame tenant un miroir dans lequel se contemple la licorne. Cette dernière pose ses pattes antérieures sur les genoux de la Dame.

    La tapisserie symbolisant l' ODORAT représente la Dame tressant une couronne de fleurs. Le singe, assis derrière elle, respire une fleur saisie dans un panier.

    La tapisserie symbolisant le toucher représente la Dame, magnifiquement habillée, tenant un étendard - d'une main - et caressant la corne de la licorne - de l'autre.

    La tapisserie intitulée "Mon seul désir" représente la Dame installée devant une tente surmontée d'une inscription portant le titre de l'oeuvre. Elle remet le collier qu'elle porte dans les autres tapisseries dans une cassette remplie de bijoux que lui tend sa servante.
     


                     

              GOÛT                          VUE                          TOUCHER           ODORAT


                  Licorne


                       OUÏE            A MON SEUL DÉSIR



                            


             

     

     

    Les tapisseries ont été commandées par Jean le Viste. Elles datent de 1484-1500.

    C'est George Sand qui a rendu célèbre la série des tapisseries de la Dame à la Licorne,en les découvrant au château de Boussac dans la Creuse. Elle et Prosper Mérimée en tombèrent amoureux. Ces tapisseries ont été faites aux Pays Bas d'après les cartons d'un peintre parisien.

    Sur la tapisserie de l'Odorat on voit une dame en train de tresser une couronne de fleurs, avec les oeillets que lui tend une servante. L'oeillet devient à la mode dans le nord de l'Europe à la fin du XV ième s., c'est la fleur symbolique des fiançailles et à cause de son odeur poivrée on l'appelle girofée ou oeillet-giroflée. le petit singe prend une rose dans le panier et la sent.

     

     

                                                                                 

     

     

                                                                                                           

                                                                               

                                                                            

                                                                                          SOUVENIR D'UNE VISITE AU MUSÉE CLUNY            

                                                                                                                         09-09-1999

     

     

                       


     


    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique