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    Femme aux chandelles

     

     

     

         VOICI CE QUE NOUS RACONTE SOPHIE LABBÉ

    Sophie Labbé, Senior Perfumer IFF nous explique la nouvelle tendance olfactive : "Après des années de notes fraîches et fruitées, les femmes sont aujourd'hui à la recherche de parfums texturés, riches, emprunts de mystère, et qualitatifs, comme le prouve le succès d'Aromatic's Elixir de Clinique, plus de 35 ans après sa création. Elles veulent de nouvelles émotions. Un parfum signé qui délivre un vrai message :une belle fleur ou une réinterprétation d'un parfum vintage, un parfum de contrastes avec de belles matières, du luxe !

     

     

     Sophie labbé

    Aujourd'hui, la parfumerie se tourne vers ses racines en les réinventant, cela se traduit par un retour à la matière première traitée différement grâce aux nouvelles technologies. IFF bénéficie d'ingrédients d'une qualité exceptionnelle grâce à LMR (Laboratoire Monique Remi). Ainsi un coeur de patchouli utilisé dans le Prada pour femme, ou une récolte exceptionnelle de fleurs choisies, pour les Millésimes chez Givenchy .Chez les hommes, on note également un retour aux parfums qualitatifs et nobles. En plus, ils osent emprunter aux femmes leurs thèmes de prédilection comme les fleurs, par exemple l'iris dans Dior pour Homme. Eux aussi aiment que l'on réinvente les classiques, comme la fougère, thème prédominant au masculin, qui aujourd'hui s'exprime de façon plus florale ou plus fruitée. En conclusion, les tendances de fond, en féminins ou masculins, sont similaires : on se recentre sur la matière en se focalisant sur un ingrédient phare ou une histoire forte en y ajoutant un élément innovant. On joue beaucoup les contrastes pour créer des sensations, provoquer des émotions et suciter l'étonnement !

    Ce n’est sûrement pas un hasard si j’ai choisi ce métier. Pourtant ma famille ne vient pas de cet univers. C’est Jean Kerléo, à l’époque créateur des parfums  Patou, qui m’a fait découvrir ses richesses. Cette rencontre fut inoubliable et déterminante pour la suite. Je faisais alors des études de chimie, ce qui justement m’a permis de rentrer à l’Isipca. Rien n’était prémédité, j’ai suivi la bonne filière sans le savoir.» Elle en sort major de sa promotion deux ans après, puis intègre l'école de parfumerie Givaudan à Genève pendant six mois. En 1992, elle rejoint IFF comme parfumeur junior. Sophie a reçu en 2005 le prix François Coty, récompensant le meilleur artiste parfumeur de l’année. Ce prix est décerné pour la première fois à une femme. Ses premiers parfums : G de Gigli, Jardin de Soleil d'Escada, Organza de Givenchy, Emporio Armani pour Homme, Boss Woman d’Hugo Boss et Premier jour de Nina Ricci. «Etre parfumeur c’est être un peu philosophe, à l’écoute et décrypter ce qu’attend l’autre. Avec force d’intuition et d’émotion, raconter des histoires olfactives, transformer les mots du brief en odeur. Et à chaque fois, la collaboration est différente. Travailler pour une marque américaine comme Estée Lauder est vraiment exaltant. Pure White Linen est construit autour d’une rose très fraîche, juteuse et croquante. Ces notions sont très importantes aux Etats-Unis. Il faut rebondir sur ces mots, avec une approche inédite qui provoque le coup de foudre.» Avec Amor Amor pour Homme de Cacharel le challenge était aussi de taille : conjuguer la rose sur le mode masculin. Sophie a exploré les facettes multiples de la fleur pour la rendre subtilement virile et lui tailler un costume sur mesure. Belle rencontre aussi que celle avec la maison Guerlain : elle est retournée aux sources en créant une eau de Cologne, la Cologne 68, où le bois de Oud joue avec la fleur d’immortelle dans un chaud-froid sensuel. On note un grand retour de l'iris, le fleuri poudré par excellence. L’iris : une des senteurs fétiches de la Renaissance, venue de Florence, évoque l’odeur de la peau fraîche et veloutée. Deux espèces d’iris sont utilisées en parfumerie, l’iris pallida et l’iris florentina, cultivées au Maroc et dans la région de Florence. C’est la racine que les parfumeurs convoitent. Son odeur diffère de celle de la fleur et se rapproche, une fois traitée, de celle de la violette.

     

     

    La violette au parfum velouté et végétal suscita chez les femmes du siècle dernier des passions extrêmes. La violette de Parme très appréciée, la feuille de violette est souvent utilisée en parfumerie et donne, par extraction aux solvants, une essence florale très verte.La rose au voluptueux parfum fut utilisée avec passion par les Romains. Deux variétés ont les grâces de la parfumerie parmi les centaines d’espèces : la rosa Centifolia, appelée "rose de mai", que l’on trouve à Grasse et au Maroc, et la rosa Damascena, rose de Damas, cultivée en Bulgarie et en Turquie. La cueillette de la rose, particulièrement délicate, s’effectue dès l’aube et la récolte de la rose de mai, à Grasse, n’a lieu qu’une fois par an et ne dure que 3 semaines.

     

     


     

     

                                                         

     

     

     

     

                                                            

     


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